L'intrus, 2021
Médium : papier et colle sur panneau de bois
Dimension : 18 x 36 pouces
Prix : sur demande
Médium : papier et colle sur panneau de bois
Dimension : 18 x 36 pouces
Prix : sur demande
Inspirée d’une photographie prise aux Jardins de Métis, en Gaspésie, cette œuvre se déploie comme un jardin recomposé, vibrant et foisonnant. Les fleurs et le feuillage y éclatent en nuances de roses et de verts, construites à partir de fragments d’images issues de magazines populaires. À première vue, le regard est attiré par une anomalie : un pavot bleu, singulier, presque irréel au cœur de cette composition florale. Il semble être l’intrus, celui qui ne correspond pas à l’harmonie dominante.
Mais cette première impression s’effrite dès que l’on s’attarde aux détails.
En s’approchant, d’autres éléments dissonants émergent : fragments d’objets, textures étrangères, indices d’un monde manufacturé infiltré dans le vivant. Ces traces, subtilement intégrées aux fleurs, aux tiges et au sol, révèlent une présence plus profonde, plus insidieuse. La véritable intrusion n’est pas celle que l’on remarque d’emblée, mais celle que l’on accepte sans la voir.
La juxtaposition d’images issues de la consommation de masse pour représenter un jardin met en lumière une contradiction troublante : ce qui sert à créer l’image de la beauté participe aussi à sa contamination. L’œuvre oscille ainsi entre séduction et malaise, entre contemplation et prise de conscience.
La clôture blanche, en arrière-plan, suggère une tentative de protection, une volonté de contenir et d’ordonner. Pourtant, elle ne peut empêcher l’infiltration silencieuse de ces fragments étrangers, déjà enracinés dans le paysage.
L’intrus se déplace alors : du pavot bleu vers notre propre regard, vers nos habitudes, vers cette pollution diffuse que l’on ne perçoit plus.
À travers ce collage, le jardin devient un espace de révélation — un lieu où la beauté persiste, mais où chaque détail invite à voir au-delà des apparences, avant que l’équilibre ne se perde définitivement.