Érosion silencieuse, 2020
Inspirée d’une photographie des îles de la Madeleine, cette œuvre met en tension deux réalités qui coexistent sans toujours se révéler. D’un côté, la beauté saisissante des falaises, la mer qui les borde, l’immensité du paysage. De l’autre, une présence plus discrète, diffuse, presque dissimulée : celle de la pollution.
Le collage, composé d’images issues de magazines de luxe, construit un territoire à la fois séduisant et troublant. Les textures raffinées, les objets de désir, les fragments d’un univers esthétique et consumériste s’assemblent pour donner forme à la nature elle-même. Ce procédé crée un contraste fort : ce qui évoque le prestige et l’abondance devient ici la matière d’un paysage fragilisé.
En s’approchant, le regard découvre que cette beauté est traversée d’éléments étrangers. Des déchets, des objets, des traces d’un excès qui s’infiltre jusque dans les falaises et la mer. La pollution n’est pas frontale — elle est intégrée, presque normalisée, comme si elle faisait désormais partie du décor.
L’œuvre soulève ainsi une réflexion plus large : notre mode de vie, souvent associé au confort et au luxe, participe à une transformation silencieuse des environnements que nous admirons. Ce que l’on valorise, ce que l’on consomme, laisse une empreinte bien au-delà de ce que l’on perçoit.
La beauté persiste — mais elle est désormais traversée par les traces de ce que nous produisons.